La ville a beaucoup inspiré les artistes contemporains mais peu de peintres ont su exprimer par les moyens vraiment picturaux de la couleur et de la matière à la fois l’espace et le sentiment de saturation de ce sujet actuel entre tous.
 
C’est pourtant ce qui émane des abstractions de Christine Giboni dans ses peintures de la ville comme sur les autres thèmes. Par une géométrie sensible, on constate que ses compositions urbaines sont une base pour une libre improvisation de la matière. S’y mêlent des collages de mots, lettres brouillées, lambeaux d’images, suggestions à peine figuratives qui forment comme le « bruit de fond » de cet espace pictural qu’il nous appartient de reconstituer.
 
Par un choix très personnel du matériau : l’élection d’une technique complexe – la technique mixte de l’émulsion - par la déclinaison dans des formats très diversifiés et l’expérience de quelques disciplines périphériques à la peinture que sont le collage, le monotype, Christine Giboni s’affirme peut-être avant tout comme coloriste. Une démarche attachante qui s'adresse à notre sensibilité.
 
Il nous reste à détailler toute une géographie onirique et inventive, mais aussi sensuelle et matérielle, dans un mouvement qui semble ne pas devoir s’arrêter.
 
Daniel Lacomme.